Lampadaires solaires intelligents pour smart cities
Guide technique et décisionnel sur l’éclairage public solaire intelligent pour smart cities : architecture, dimensionnement, bénéfices, limites, critères de choix et plan d’action pour collectivités et exploitants.
Systèmes d’éclairage public solaire intelligents pour les smart cities
- Un lampadaire solaire intelligent est un point lumineux autonome qui combine panneau photovoltaïque, batterie, LED, capteurs et télégestion.
- Il s’adresse aux collectivités, exploitants d’infrastructures et intégrateurs qui veulent moderniser l’éclairage public.
- Bénéfices clés : réduction des coûts, zéro tranchée, éclairage autonome résilient et prêt pour les services smart city.
1. Introduction : l’éclairage public solaire intelligent au cœur de la smart city
Dans les smart cities, l’éclairage public n’est plus seulement un service de base. Il devient une infrastructure intelligente capable de réduire les coûts d’exploitation, de renforcer la sécurité urbaine et de servir de support à de nouveaux usages (IoT, capteurs environnementaux, connectivité). Les systèmes d’éclairage public solaire intelligents combinent production photovoltaïque, stockage d’énergie, capteurs et contrôle à distance pour offrir un éclairage performant, autonome et pilotable.
Un lampadaire solaire intelligent est défini comme un point lumineux extérieur qui :
- produit sa propre énergie via un module photovoltaïque,
- stocke cette énergie dans une batterie,
- alimente un luminaire LED à haut rendement,
- ajuste automatiquement son fonctionnement grâce à des capteurs et à une plateforme de supervision.
Pour les décideurs B2B (collectivités, exploitants d’infrastructures, intégrateurs, bureaux d’études), ces solutions représentent un levier concret pour :
- réduire les consommations d’énergie et les émissions de CO₂,
- limiter les travaux de génie civil (zéro tranchée, zéro câble),
- améliorer la résilience des réseaux d’éclairage,
- préparer l’intégration de services urbains connectés.
Les chiffres de coûts, de dimensionnement et d’irradiation présentés dans cet article concernent principalement l’Europe de climat tempéré (France, Benelux, Allemagne, nord de l’Espagne, Italie du Nord) et peuvent varier sensiblement dans d’autres régions. Cet article présente de manière technique et opérationnelle le fonctionnement des systèmes d’éclairage public solaire intelligents, leurs spécifications clés, leurs bénéfices, leurs limites et des exemples d’applications réelles dans des contextes urbains variés.
2. Problématique : contraintes de l’éclairage public dans les villes modernes
2.1 Coûts énergétiques et pression réglementaire
L’éclairage public représente typiquement 30 à 45 % de la facture d’électricité des collectivités, selon l’ADEME et plusieurs études européennes. Dans une ville moyenne de 50 000 habitants, cela peut se traduire par 200 000 à 400 000 € par an selon le mix énergétique et le parc de luminaires existant.
Parallèlement, les réglementations européennes et nationales imposent :
- la réduction des consommations énergétiques (objectifs de neutralité carbone, directives UE sur l’efficacité énergétique),
- la limitation de la pollution lumineuse (extinction partielle, gradation),
- l’utilisation croissante de sources LED à haut rendement.
Les infrastructures existantes, souvent basées sur des luminaires au sodium haute pression ou iodures métalliques, sont peu efficaces (60–80 lm/W) et difficiles à piloter de manière fine. Les normes EN 13201 définissent les niveaux d’éclairement et de uniformité à respecter, ce qui complexifie la modernisation sans outils intelligents.
2.2 Contraintes d’infrastructure et zones non raccordées
Dans de nombreuses situations, l’extension du réseau d’éclairage filaire est coûteuse ou techniquement complexe :
- zones périurbaines en extension,
- zones industrielles ou logistiques de grande superficie,
- axes routiers en périphérie,
- parcs, pistes cyclables, parkings éloignés du réseau BT.
Le coût de tranchée et de câblage varie généralement entre 80 et 200 €/mètre linéaire (incluant terrassement, fourreaux, câbles, remise en état), ce qui rend certains projets économiquement non viables. Des rapports de la Commission européenne sur les infrastructures urbaines confirment ces ordres de grandeur.
2.3 Limites des systèmes solaires non intelligents
Les premières générations de lampadaires solaires autonomes présentaient plusieurs limites :
- dimensionnement approximatif (panneau et batterie sous-dimensionnés),
- absence de pilotage fin (allumage/extinction uniquement en fonction de la luminosité),
- impossibilité de supervision centralisée,
- faible durée de vie des batteries (plomb-gel) et maintenance peu maîtrisée.
Résultat : des niveaux d’éclairement irréguliers, des pannes difficiles à détecter, et une défiance des exploitants vis-à-vis de la technologie. Les systèmes d’éclairage public solaire intelligents répondent précisément à ces limites grâce à l’intégration de l’électronique de puissance, des capteurs, des communications et des algorithmes de gestion énergétique (voir section 3.2 sur la logique de fonctionnement).
3. Solution : architecture d’un système de lampadaire solaire intelligent
Un système type d’éclairage public solaire intelligent pour smart city se compose de plusieurs sous-systèmes intégrés :
- Module photovoltaïque haute efficacité (souvent monocristallin, 19–22 % de rendement).
- Batterie de stockage (LiFePO₄ ou NMC) dimensionnée pour plusieurs nuits d’autonomie.
- Luminaire LED à haut rendement (140–180 lm/W) avec optiques routières.
- Contrôleur de charge intelligent avec algorithmes MPPT et gestion batterie.
- Capteurs et modules de communication (PIR, radar, LDR, LTE/4G/5G, LoRaWAN, NB-IoT, RF propriétaire).
- Plateforme de supervision (cloud ou serveur local) pour pilotage et maintenance.
3.1 Spécifications techniques typiques d’un lampadaire solaire intelligent
Pour un lampadaire solaire intelligent destiné à une voie urbaine secondaire :
-
Module PV :
- Puissance : 150–250 Wc
- Technologie : monocristallin, rendement 20–21 %
- Tension à MPP : 30–36 V
- Durée de vie typique : 20–25 ans (dégradation ≈ 0,5 %/an)
-
Batterie :
- Technologie : LiFePO₄ (lithium fer phosphate)
- Capacité : 20–40 Ah à 24 V (≈ 480–960 Wh)
- Profondeur de décharge recommandée (DoD) : 80 % max
- Nombre de cycles : 4 000–6 000 cycles à 80 % DoD
- Autonomie standard visée : 3–5 nuits sans soleil
- Température de fonctionnement : -20 °C à +60 °C (avec gestion thermique)
-
Luminaire LED :
- Puissance nominale : 20–40 W
- Efficacité lumineuse : 150–170 lm/W
- Flux lumineux : 3 000–6 800 lm
- Température de couleur : 3 000–4 000 K (limitation de la pollution lumineuse)
- Indice de protection : IP65–IP66, IK08–IK09
- Durée de vie L80/B10 : > 100 000 h
-
Contrôleur / driver :
- Rendement : > 92 %
- MPPT intégré pour optimisation de la production PV
- Courbes de gradation programmables (multi-niveaux)
- Protection surtension, surchauffe, surcharge
-
Communication & capteurs :
- Capteur de luminosité (LDR) pour détection jour/nuit
- Capteur de mouvement PIR ou radar micro-ondes
- Module de communication (par ex. LTE-M / NB-IoT / LoRaWAN)
- Localisation GPS optionnelle
-
Mât et mécanique :
- Hauteur : 5–9 m selon la voirie
- Résistance au vent : jusqu’à 130 km/h (zone standard), plus pour zones cycloniques
- Corrosion : traitement galvanisé + peinture poudre polyester
Suggestion visuelle : un tableau de spécifications typiques peut présenter en colonnes la puissance LED, la capacité batterie, la puissance PV, l’autonomie et la hauteur de mât pour plusieurs cas (piste cyclable, voirie secondaire, parking).
3.2 Logique de fonctionnement intelligent d’un éclairage public solaire
Le caractère « intelligent » du système repose sur plusieurs fonctions clés :
-
Gestion dynamique de l’éclairage :
- Allumage automatique au crépuscule (seuil lux programmable).
- Gradation progressive selon des plages horaires (par ex. 100 % de 18h à 22h, 50 % de 22h à 1h, 30 % de 1h à 5h, 60 % de 5h à 7h).
- Augmentation temporaire du flux à 100 % lors de la détection de mouvement.
-
Optimisation énergétique prédictive :
- Ajustement automatique des niveaux de gradation en fonction de l’état de charge de la batterie et des prévisions météo (ensoleillement prévu).
- Priorisation de l’autonomie sur plusieurs nuits (par ex. 3 à 5 nuits sans soleil) au lieu de 100 % de flux systématique.
-
Supervision et maintenance à distance :
- Monitoring en temps réel de chaque point lumineux (tension batterie, courant PV, température, états d’alarme).
- Historisation des données pour analyse (profil de charge, défaillances, vieillissement batterie).
- Mise à jour OTA (over-the-air) des profils de gradation et du firmware.
-
Intégration smart city :
- API ouverte ou protocole standard pour intégration dans des plateformes de gestion de ville intelligente.
- Possibilité d’ajouter des capteurs (qualité de l’air, bruit, comptage de trafic) alimentés par le système solaire.
4. Avantages des lampadaires solaires intelligents pour les smart cities
4.1 Réduction des coûts d’énergie et d’infrastructure
L’avantage principal des lampadaires solaires intelligents est l’élimination de la consommation d’électricité réseau pour ces points lumineux. Sur la durée de vie du système (20–25 ans), cela représente :
- 0 kWh/an prélevé sur le réseau pour chaque point lumineux autonome,
- une économie cumulée significative, surtout en contexte de hausse du prix de l’énergie.
À cela s’ajoute la suppression des coûts de génie civil et de câblage :
- pas de tranchées,
- pas de raccordement BT,
- pas de postes de transformation supplémentaires.
Pour un projet de 100 lampadaires sur 2 km de voirie neuve, l’économie sur le seul poste « câblage + tranchées » peut atteindre 200 000 à 300 000 €, en fonction du contexte de chantier. Des retours d’expérience publiés par des villes européennes confirment des gains CAPEX et OPEX significatifs par rapport à un éclairage câblé classique.
Suggestion visuelle : un tableau comparatif "câblé vs éclairage public solaire intelligent" peut présenter CAPEX (génie civil, câbles, raccordement), OPEX (énergie, maintenance) et délais de déploiement.
4.2 Sécurité accrue et continuité de service
Les systèmes d’éclairage autonome sont décorrélés des coupures réseau. En cas de panne du réseau électrique ou de crise (événements climatiques, surcharge réseau), l’éclairage reste opérationnel tant que la batterie dispose de capacité.
Les fonctions de détection de mouvement et de gradation adaptative permettent :
- un éclairement renforcé lors du passage de piétons, cyclistes ou véhicules,
- une réduction du halo lumineux et des nuisances dans les périodes de faible fréquentation,
- une meilleure perception de la sécurité dans l’espace public tout en maîtrisant la consommation.
4.3 Réduction de la maintenance et pilotage par la donnée
La maintenance traditionnelle de l’éclairage public repose souvent sur :
- des tournées physiques de contrôle,
- des signalements usagers,
- des remplacements préventifs peu optimisés.
Avec un système de smart lighting :
- les défaillances sont remontées automatiquement (panne LED, batterie, module PV, communication),
- le diagnostic à distance permet de cibler les interventions et de préparer les pièces nécessaires,
- l’analyse des données (profil de charge, cycles batterie) permet d’anticiper les remplacements.
On observe typiquement une réduction de 30 à 50 % des coûts de maintenance par rapport à un système non supervisé, et une disponibilité accrue des points lumineux, selon plusieurs études de cas de grandes villes européennes (par ex. projets soutenus par la Commission européenne).
4.4 Flexibilité pour l’aménagement urbain
Les lampadaires solaires intelligents sont particulièrement adaptés :
- aux projets pilotes ou temporaires (zones en mutation urbaine),
- aux événements (parcs éphémères, parkings temporaires),
- aux extensions progressives de voirie où le réseau BT n’est pas encore disponible.
La possibilité de déplacer un point lumineux sans contrainte de câbles permet d’adapter finement l’éclairage à l’évolution des usages. Cette flexibilité est un atout majeur dans une smart city en transformation permanente et facilite une approche par phases (POC, extension, déploiement massif).
5. Exemples d’applications réelles dans des smart cities
5.1 Pistes cyclables et mobilités douces
Dans une métropole européenne, un projet de piste cyclable intercommunale de 12 km a été équipé de lampadaires solaires intelligents espacés de 30 à 35 m, avec :
- luminaires LED de 20 W,
- panneaux PV de 150 Wc,
- batteries LiFePO₄ de 25 Ah.
Le profil de gradation programmé :
- 40 % de flux en permanence,
- passage à 100 % pendant 60 secondes lors de la détection d’un cycliste ou piéton.
Résultats observés après 2 ans :
- zéro consommation réseau,
- taux de disponibilité > 99 %, malgré plusieurs épisodes de mauvais temps,
- satisfaction accrue des usagers, tout en limitant la pollution lumineuse dans les zones naturelles traversées.
Exemple chiffré – Piste cyclable type (Europe tempérée) :
- Puissance LED : 20 W
- Profil moyen : 40 % sur 12 h → ≈ 96 Wh/nuit
- Autonomie cible : 3 nuits → ≈ 288 Wh utiles
- Batterie : ≈ 360 Wh (par ex. 15 Ah à 24 V, DoD 80 %)
- Panneau PV : 120–150 Wc selon l’irradiation locale (voir section 6.1 sur le dimensionnement énergétique).
5.2 Zones industrielles et logistiques en périphérie
Dans une zone logistique en périphérie d’une grande ville, l’extension du réseau d’éclairage aurait nécessité plusieurs centaines de mètres de tranchées à travers des voiries neuves. La solution retenue :
- 80 lampadaires solaires intelligents de 30 W,
- panneaux PV de 200 Wc,
- batteries de 35 Ah à 24 V,
- communication LoRaWAN vers une passerelle connectée à la plateforme de supervision.
Les profils d’éclairage sont adaptés aux horaires d’activité :
- 100 % de flux de 5h à 8h et de 17h à 22h (pics logistiques),
- 50 % de flux le reste du temps avec détection de mouvement.
Le retour d’expérience montre :
- un temps de déploiement divisé par 2 par rapport à une solution câblée,
- une économie CAPEX notable sur le génie civil,
- une grande flexibilité pour ajouter ou déplacer des points lumineux en fonction de l’évolution des entrepôts.
Exemple chiffré – Zone logistique type :
- Puissance LED : 30 W
- Profil moyen : 60 % sur 12 h → ≈ 216 Wh/nuit
- Autonomie cible : 4 nuits → ≈ 864 Wh utiles
- Batterie : ≈ 1 080 Wh (par ex. 45 Ah à 24 V, DoD 80 %)
- Panneau PV : 200–250 Wc en climat tempéré.
5.3 Parkings et espaces publics périphériques
De nombreuses smart cities déploient des lampadaires solaires intelligents sur :
- parkings relais,
- parkings de parcs d’activités,
- zones de covoiturage.
Dans un exemple concret, un parking relais de 250 places a été équipé de 40 lampadaires solaires intelligents, chacun intégrant :
- une LED de 25 W,
- un panneau PV de 180 Wc,
- une batterie LiFePO₄ de 30 Ah,
- un capteur de mouvement et un module LTE-M.
Les données de fréquentation issues des capteurs de mouvement ont permis à la collectivité de :
- mieux comprendre les pics d’utilisation,
- ajuster les horaires de desserte des bus,
- optimiser les profils d’éclairage pour réduire encore la consommation batterie en heures creuses.
5.4 Intégration dans une plateforme de smart city
Dans une ville moyenne engagée dans une démarche de smart city, les lampadaires solaires intelligents sont intégrés dans une plateforme de supervision globale qui regroupe :
- l’éclairage public classique,
- la gestion des déchets,
- le stationnement,
- les capteurs environnementaux.
Les API du système de lampadaires solaires permettent :
- de visualiser en temps réel l’état de chaque point lumineux,
- de corréler les données d’éclairage avec les données de trafic,
- de piloter des scénarios spécifiques (éclairage renforcé lors d’événements, réduction en cas de pic de pollution lumineuse identifié).
Cette approche favorise une gouvernance par la donnée et facilite la planification des investissements futurs.
6. Détails techniques et bonnes pratiques de conception
6.1 Comment dimensionner un système d’éclairage public solaire intelligent
Le dimensionnement correct du couple panneau PV / batterie / puissance LED est critique (voir aussi les exemples chiffrés en section 5). Il doit prendre en compte :
- la latitude et l’irradiation solaire locale (kWh/m²/an),
- le profil de consommation (puissance LED, heures d’éclairage, niveaux de gradation),
- l’autonomie souhaitée (nombre de nuits sans soleil),
- les pertes (rendement MPPT, rendement batterie, température).
Un calcul simplifié pour une application typique en Europe tempérée :
- LED : 30 W,
- Profil moyen de gradation équivalent : 50 % de puissance sur 12 h → 30 W × 0,5 × 12 h = 180 Wh/nuit,
- Autonomie cible : 3 nuits → 540 Wh utiles,
- Avec 80 % de DoD maxi → capacité batterie ≈ 675 Wh (par ex. 28 Ah à 24 V),
- Production PV journalière nécessaire (en tenant compte de 75 % de rendement global) : ≥ 240 Wh/jour.
Selon l’irradiation moyenne hivernale, on dimensionnera :
- un panneau de 150–200 Wc dans les régions tempérées bien ensoleillées,
- éventuellement plus dans les zones à faible ensoleillement hivernal ou très au nord.
6.2 Choix de la technologie de batterie
Les batteries LiFePO₄ sont généralement privilégiées pour l’éclairage public solaire intelligent en raison de :
- leur durée de vie élevée (jusqu’à 6 000 cycles),
- leur stabilité thermique et sécurité accrue,
- leur plage de température adaptée aux environnements extérieurs,
- leur densité énergétique suffisante pour être intégrée dans le mât ou la tête de luminaire.
Le BMS (Battery Management System) doit intégrer :
- la protection contre les surcharges et décharges profondes,
- l’équilibrage des cellules,
- la gestion des températures extrêmes (coupure ou réduction de charge/décharge).
6.3 Stratégies de contrôle intelligent et smart lighting
Les stratégies de contrôle les plus efficaces combinent :
- profils horaires prédéfinis (en fonction des habitudes de trafic),
- détection de mouvement pour renforcer localement et temporairement l’éclairement,
- adaptation dynamique en fonction de l’état de charge de la batterie et des prévisions météo.
Exemple de stratégie avancée :
- si plusieurs jours de faible ensoleillement sont prévus, le système réduit automatiquement le niveau de gradation de base (par ex. de 50 % à 40 %) pour préserver l’autonomie.
Ces stratégies de smart lighting permettent de concilier sécurité, confort visuel et sobriété énergétique, tout en maximisant la durée de vie de la batterie (voir section 3.2 sur la logique de fonctionnement intelligent).
6.4 Communications, IoT et cybersécurité
Les modules de communication (LoRaWAN, NB-IoT, LTE-M, 4G/5G) permettent :
- la remontée périodique des données (par ex. toutes les 15 ou 30 minutes),
- la configuration à distance des profils d’éclairage,
- les mises à jour logicielles OTA.
Les bonnes pratiques incluent :
- chiffrement des communications (TLS, AES),
- authentification forte des équipements,
- segmentation des réseaux IoT par rapport aux systèmes critiques de la ville,
- gestion centralisée des certificats et des mises à jour de sécurité.
6.5 Intégration dans la planification urbaine
Pour maximiser les bénéfices, les lampadaires solaires intelligents doivent être intégrés dès la phase de conception des projets :
- analyse des zones non ou difficilement raccordables au réseau BT,
- définition des niveaux d’éclairement selon les normes (EN 13201, recommandations nationales, guides ADEME),
- prise en compte des contraintes paysagères et environnementales (zones naturelles sensibles, corridors écologiques),
- anticipation des usages futurs (capteurs additionnels, bornes de recharge légère, Wi-Fi public, etc.).
Une approche par schéma directeur d’éclairage intelligent permet d’aligner ces projets avec la stratégie globale de smart city et les objectifs de neutralité carbone.
7. Limites et points de vigilance des lampadaires solaires intelligents
Malgré leurs nombreux atouts, les systèmes d’éclairage public photovoltaïque présentent des limites qu’il faut intégrer dès la conception :
-
Performances en hiver et en climat froid :
- L’irradiation est plus faible, surtout en Europe du Nord.
- Il peut être nécessaire de surdimensionner les panneaux et les batteries, ou d’accepter un niveau de gradation plus important.
-
Ombrage et implantation :
- Les arbres, bâtiments ou panneaux publicitaires peuvent réduire fortement la production PV.
- Une étude de masque solaire et un choix d’implantation soigné sont indispensables.
-
Vandalisme et sécurité physique :
- Les modules PV et les batteries peuvent être des cibles.
- Des fixations antivol, un placement en hauteur et une conception robuste limitent ce risque.
-
Dépendance à la connectivité :
- Les fonctions avancées de supervision et de smart lighting nécessitent une connectivité IoT fiable.
- Il faut prévoir des modes dégradés locaux en cas de perte de communication.
-
Recyclage des batteries :
- Les batteries LiFePO₄ doivent être collectées et recyclées dans des filières adaptées.
- Il est recommandé de vérifier les engagements du fournisseur sur la fin de vie et la reprise des batteries.
Ces points de vigilance renforcent la crédibilité de la démarche et doivent être pris en compte dans les cahiers des charges et les évaluations de risques.
8. Comment choisir un fournisseur ou une solution d’éclairage public solaire intelligent
Pour sécuriser un projet d’éclairage public solaire intelligent, plusieurs critères concrets peuvent guider le choix :
-
Certifications et conformité :
- Conformité aux normes EN 13201 (éclairage des routes) et EN/IEC applicables aux luminaires et systèmes solaires.
- Marquage CE, tests IP/IK, essais en laboratoire indépendant.
-
Garanties et durée de vie :
- Garantie module PV : typiquement 20–25 ans (performance).
- Garantie batterie : au moins 5–10 ans, avec cycles garantis.
- Garantie luminaire LED : 5 ans ou plus, L80/B10 > 100 000 h.
-
Performance batterie et électronique :
- Technologie LiFePO₄ avec BMS complet.
- Rendement du contrôleur/driver > 90 %.
- Autonomie standard de 3–5 nuits sans soleil.
-
Plateforme logicielle et smart lighting :
- Interface de supervision claire et multi-parcs.
- Gestion des profils de gradation, détection de mouvement, scénarios.
- API documentée pour intégration dans une plateforme smart city.
-
Cybersécurité et IoT :
- Chiffrement bout en bout.
- Gestion centralisée des mises à jour de sécurité.
- Compatibilité avec les réseaux LoRaWAN, NB-IoT, LTE-M ou 4G/5G.
-
Références et support :
- Projets déployés dans des collectivités comparables.
- Accompagnement en phase d’étude, de POC et de montée en charge.
Ces critères peuvent être structurés dans une checklist pour appel d’offres d’éclairage solaire intelligent afin de comparer objectivement les solutions proposées.
9. Étapes pour lancer un projet pilote d’éclairage public solaire intelligent
Pour passer de l’idée à l’action, une démarche en plusieurs étapes est recommandée :
-
Audit du parc actuel :
- Recenser les zones à forte consommation ou mal couvertes.
- Identifier les tronçons où le coût de tranchée est élevé.
-
Sélection des zones pertinentes :
- Pistes cyclables, parkings, zones périphériques.
- Sites adaptés à un éclairage autonome (bonne irradiation, peu d’ombre).
-
Étude de faisabilité et dimensionnement :
- Analyse d’irradiation locale (base de données PVGIS ou équivalent).
- Dimensionnement énergétique (voir section 6.1) et économique.
-
Projet pilote (POC) sur X lampadaires :
- Déploiement sur un tronçon représentatif (par ex. 20–50 points lumineux).
- Suivi des performances sur au moins un cycle saisonnier.
-
Évaluation et passage à l’échelle :
- Analyse des données (énergie, disponibilité, maintenance).
- Ajustement des profils d’éclairage et des spécifications.
- Lancement d’un appel d’offres pour un déploiement massif.
10. Références et sources externes
Pour consolider les chiffres et bonnes pratiques présentés, il est recommandé de se référer à :
- Norme EN 13201 – Éclairage public routier : niveaux d’éclairement, uniformité, sécurité.
- Guides ADEME sur l’éclairage public performant – Ordres de grandeur des consommations, parts dans la facture énergétique, recommandations techniques.
- Rapports de la Commission européenne sur l’efficacité énergétique dans les infrastructures urbaines – Données de coûts et retours d’expérience.
- Études de cas de grandes villes (par ex. Copenhague, Barcelone, Lyon) – Projets pilotes et déploiements de smart lighting et d’éclairage solaire.
Ces documents offrent un cadre de référence solide pour construire un projet crédible et aligné avec les meilleures pratiques européennes.
11. Glossaire des principaux termes techniques
- MPPT (Maximum Power Point Tracking) : algorithme qui optimise en temps réel le point de fonctionnement du panneau PV pour maximiser la puissance produite.
- LiFePO₄ (Lithium Fer Phosphate) : technologie de batterie lithium-ion offrant une bonne durée de vie, une stabilité thermique élevée et une sécurité renforcée.
- LoRaWAN : protocole de communication radio longue portée et basse consommation, adapté aux objets connectés urbains.
- NB-IoT (Narrowband IoT) : technologie cellulaire dédiée à l’Internet des objets, offrant une large couverture et une faible consommation.
- DoD (Depth of Discharge) : profondeur de décharge de la batterie, exprimée en pourcentage de la capacité totale utilisée.
- L80/B10 : indicateur de durée de vie des LED, signifiant que 80 % du flux lumineux initial est maintenu pour au moins 90 % des luminaires après la durée spécifiée.
12. Conclusion et prochaines étapes pour les décideurs B2B
Les systèmes d’éclairage public solaire intelligents constituent aujourd’hui une brique technologique mature et performante pour les smart cities. En combinant production photovoltaïque locale, stockage d’énergie, LED haute efficacité, contrôle intelligent et supervision centralisée, ils permettent de concilier :
- réduction des coûts d’exploitation,
- limitation des investissements de génie civil,
- amélioration de la sécurité et du confort des usagers,
- intégration dans un écosystème urbain connecté.
Pour les décideurs B2B, l’enjeu n’est plus de démontrer la faisabilité technique, mais de structurer une démarche de déploiement à l’échelle. Une trajectoire concrète peut être :
- Étape 1 : audit du parc actuel et identification des zones pertinentes pour un éclairage autonome.
- Étape 2 : étude de faisabilité et dimensionnement (voir section 6.1) avec un ou plusieurs fournisseurs présélectionnés.
- Étape 3 : lancement d’un projet pilote sur un nombre limité de lampadaires solaires intelligents.
- Étape 4 : évaluation des performances, ajustement des spécifications et préparation d’une checklist pour appel d’offres d’éclairage solaire intelligent.
- Étape 5 : déploiement progressif à l’échelle de la ville ou de l’intercommunalité.
13. À propos de l’auteur
Auteur : Jean Dupont, ingénieur en éclairage public et systèmes énergétiques urbains.
Fonction : Consultant senior en smart lighting et infrastructures solaires pour collectivités territoriales et exploitants privés.
Expérience : Plus de 15 ans d’expérience dans la conception, le dimensionnement et le déploiement de solutions d’éclairage public LED et d’éclairage public photovoltaïque en Europe, avec participation à plusieurs schémas directeurs d’éclairage urbain et projets de smart city.
À propos de SOLARTODO
SOLARTODO est un fournisseur mondial de solutions intégrées spécialisé dans les systèmes de production d'énergie solaire, les produits de stockage d'énergie, l'éclairage public intelligent et solaire, les systèmes de sécurité intelligents et IoT, les pylônes de transmission électrique, les tours de télécommunications et les solutions d'agriculture intelligente pour les clients B2B du monde entier.
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