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Fertigation par capteurs et climat en serre : étude de cas

January 30, 2026Updated: February 5, 202612 min readVérifiéGénéré par IA
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Fertigation par capteurs et climat en serre : étude de cas

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Étude de cas sur une serre de 2,5 ha ayant augmenté ses rendements de 22 %, réduit l’eau de 28 % et les engrais de 18 % grâce à une fertigation pilotée par capteurs (EC/pH/humidité) et un contrôle climatique intégré basé sur le VPD (±0,5 °C).

Résumé

Étude de cas B2B : une serre de 2,5 ha a augmenté ses rendements de 22 %, réduit sa consommation d’eau de 28 % et les intrants fertilisants de 18 % grâce à une fertigation pilotée par capteurs (EC/pH/humidité) et un contrôle climatique intégré (±0,5 °C, VPD ciblé).

Points Clés

  • Mettre en place un réseau de capteurs EC/pH/humidité (1 sonde/200–300 m²) pour ajuster la fertigation en temps réel et viser une réduction de 15–25 % des engrais
  • Piloter le climat sur la base du VPD (0,5–1,2 kPa selon culture) permet d’augmenter la photosynthèse et d’améliorer les rendements de 10–20 % en serre chauffée
  • Intégrer irrigation et climat dans un même automate (cycle de 5 min, latence 600 W/m²), la fréquence d’arrosage est augmentée (jusqu’à 6–8 cycles/jour) pour maintenir un drainage cible de 20–30 % et éviter l’accumulation de sels. La nuit, les arrosages sont réduits au minimum pour limiter l’hypoxie racinaire.

Contrôle climatique intégré

Le contrôle climatique s’appuie sur :

  • Chauffage : réseaux d’eau chaude basse température (40–70 °C)
  • Ventilation : ouvrants en toiture + ventilateurs horizontaux
  • Écrans thermiques/ombrage : double écran mobile
  • Enrichissement CO₂ : chaudière + injection (800–1 000 ppm en journée)

Les consignes sont gérées selon :

  • Température de consigne jour/nuit (par ex. 21–23 °C jour, 17–18 °C nuit)
  • VPD (déficit de pression de vapeur) cible : 0,5–0,8 kPa en phase végétative, 0,8–1,2 kPa en phase générative
  • Stratégie d’énergie : limitation de la puissance chauffage max en fonction du prix de l’énergie (signal tarifaire journalier)

L’algorithme ajuste en continu :

  • L’ouverture des écrans (par pas de 5 %) pour piloter les pertes thermiques et la radiation
  • L’ouverture des ouvrants pour contrôler HR et température
  • La modulation du chauffage pour maintenir la température feuille/air dans une fenêtre optimale

En intégrant les données capteurs, le système maintient les écarts de température à ±0,5 °C autour de la consigne et la HR dans une plage de 75–85 %, limitant à la fois les stress hydriques et les risques de maladies.

Applications, résultats et ROI de l’étude de cas

Résultats agronomiques

Sur deux campagnes complètes, les indicateurs suivants ont été mesurés :

  • Rendement commercialisable :
    • Avant projet : 61 kg/m²/an
    • Après déploiement : 74,5 kg/m²/an
    • Gain : +22 %
  • Qualité :
    • Taux de fruits déclassés : −17 % (fissures, calibres hors norme)
    • Brix moyen : +0,3 point
  • Santé des plantes :
    • Réduction des épisodes de stress hydrique (mesurés via capteurs substrat) de 40 %

Les gains sont attribués à :

  • Une meilleure synchronisation entre l’offre en eau/engrais et la demande réelle de la plante
  • Une réduction des pics de stress thermique et hydrique
  • Un contrôle plus fin du VPD, améliorant la transpiration et la nutrition minérale

Résultats sur les ressources et les coûts

Les impacts sur les intrants et l’énergie :

  • Eau :
    • −28 % de consommation d’eau par kg de produit
    • Baisse du volume de drainage rejeté de 35 %
  • Fertilisants :
    • −18 % d’engrais (NPK) par kg de produit
    • Meilleure uniformité d’EC en substrat (écart‑type réduit de 40 %)
  • Énergie :
    • −9 % de consommation énergétique globale liée au pompage et au chauffage
    • Optimisation des périodes de chauffage grâce à la prévision météo et au pilotage des écrans

En parallèle, la main‑d’œuvre dédiée aux réglages manuels de l’irrigation et du climat a été réduite d’environ 30 %, réaffectée à des tâches à plus forte valeur ajoutée (suivi sanitaire, taille, planification).

Analyse économique et retour sur investissement

Pour une serre de 2,5 ha, les principaux postes d’investissement ont été :

  • Capteurs substrat et climat : ~90 000 €
  • Unité de fertigation avancée : ~140 000 €
  • Mise à niveau du contrôle climatique et supervision : ~130 000 €
  • Intégration, formation, support : ~60 000 €

Total CAPEX : ~420 000 €, soit ~168 000 €/ha.

Les gains annuels estimés :

  • Marge additionnelle liée au rendement :
    • +13,5 kg/m² × 2,5 ha = +337 500 kg/an
    • À 1,3 €/kg de prix moyen : ~439 000 €/an
  • Économies d’intrants (eau, engrais, énergie) : ~55 000 €/an
  • Productivité de la main‑d’œuvre : ~25 000 €/an

Gain annuel total : ~519 000 €/an.

Le ROI simple est atteint en 3,8 ans, avec une VAN positive sur 10 ans même en intégrant un scénario de baisse de prix de 10 % et une hausse du coût énergétique de 20 %.

Guide de sélection et bonnes pratiques pour les serres B2B

Critères de choix techniques

Pour un projet similaire, les critères suivants sont déterminants :

  • Capteurs :
    • Précision EC ≤ ±0,1 mS/cm, pH ≤ ±0,1, HR ≤ ±2 %
    • Robustesse IP65/IP67, compatibilité avec protocoles industriels (Modbus, 4–20 mA)
  • Automates et logiciels :
    • Possibilité de pas de mesure ≤ 1 min
    • Historisation sur ≥ 12 mois, export CSV/API
    • Gestion multi‑zones (au moins 8–12 secteurs indépendants)
  • Fertigation :
    • Nombre de canaux d’engrais (≥ 4) pour des recettes flexibles
    • Régulation EC/pH en boucle fermée avec temps de réponse < 30 s
  • Climat :
    • Contrôle basé sur VPD et non uniquement sur température/HR
    • Intégration des prévisions météo pour l’anticipation des consignes

Tableau comparatif : avant vs après digitalisation

ParamètreAvant projetAprès projet
Rendement (kg/m²/an)6174,5
Eau (L/kg produit)3525,2
Engrais (kg NPK/ha/an)1 200984
Énergie (kWh/m²/an)420382
Écart T° vs consigne (°C)±1,5±0,5
Drainage (%)35–4020–30
Temps de réglage manuel (h/sem)124

Bonnes pratiques de déploiement

  • Démarrer par un pilote sur 0,5–1 ha pour calibrer les modèles et valider les consignes
  • Impliquer l’équipe agronomique dès la phase de conception pour définir les seuils critiques
  • Mettre en place des procédures de bascule manuelle en cas de panne (plans de continuité)
  • Former les opérateurs à l’interprétation des courbes (EC, VPD, drainage) et non seulement à l’usage de l’interface
  • Planifier une revue agronomique trimestrielle basée sur les données (ajustement des recettes et des consignes climatiques)

FAQ

Q: Comment fonctionne concrètement une fertigation pilotée par capteurs en serre ? A: La fertigation pilotée par capteurs s’appuie sur des sondes mesurant en continu l’humidité, l’EC et parfois le pH du substrat, ainsi que la composition de la solution nutritive. Ces données sont comparées à des consignes définies par stade de culture. Lorsque l’humidité descend sous un seuil ou que l’EC dérive, l’automate déclenche un arrosage et ajuste la proportion d’engrais ou d’acide. Le système corrige ainsi en temps réel, plutôt que de suivre un calendrier fixe, ce qui réduit les stress hydriques et les gaspillages d’engrais.

Q: Pourquoi le VPD est‑il plus pertinent que la seule humidité relative pour le contrôle climatique ? A: Le VPD (déficit de pression de vapeur) intègre à la fois la température et l’humidité relative, ce qui en fait un indicateur direct de la capacité de l’air à accepter de la vapeur d’eau transpirée par la plante. À VPD trop faible, la transpiration ralentit et la plante assimile moins de nutriments ; à VPD trop élevé, elle subit un stress hydrique. En pilotant le climat pour maintenir un VPD cible (0,5–1,2 kPa selon la culture), on optimise la photosynthèse et la nutrition minérale, ce qui se traduit par des rendements plus élevés et une meilleure qualité.

Q: Quels sont les principaux risques lors de l’automatisation de la fertigation et du climat ? A: Les principaux risques sont liés aux défaillances de capteurs, aux erreurs de configuration et à la dépendance excessive au système. Un capteur défaillant peut entraîner une sur‑fertilisation ou un stress hydrique si aucune redondance n’est prévue. Des consignes mal paramétrées peuvent générer des conditions climatiques défavorables (condensation, stress thermique). Pour limiter ces risques, il est essentiel de prévoir des capteurs redondants sur les points critiques, des seuils d’alarme, des limites de sécurité (par exemple EC max) et des procédures de bascule manuelle en cas d’anomalie détectée.

Q: Quel niveau de compétence interne est nécessaire pour exploiter un tel système ? A: Un système de fertigation et de contrôle climatique avancé nécessite au moins un référent technique ayant une double compétence agronomique et numérique. Il doit comprendre les principes de la nutrition minérale, du climat de serre et être à l’aise avec l’analyse de données (courbes, tableaux de bord). Les opérateurs de terrain doivent être formés à l’utilisation quotidienne de l’interface, à la reconnaissance des alarmes et à quelques procédures de base. La plupart des fournisseurs proposent une formation initiale de 2–5 jours, complétée par un accompagnement à distance pendant la première campagne.

Q: Comment dimensionner le réseau de capteurs pour une serre de grande surface ? A: Le dimensionnement dépend de l’hétérogénéité de la serre (orientation, ventilation, type de substrat). Une règle pratique consiste à installer une sonde substrat par 200–300 m² et un boîtier climatique par 1 000 m². Dans les zones réputées plus problématiques (bords, zones d’ombre, proximité des ouvrants), on peut densifier les capteurs. L’important est de couvrir les gradients climatiques et de substrat de manière représentative, tout en restant raisonnable sur les coûts et la maintenance des capteurs.

Q: Quels gains d’eau et d’engrais peut‑on raisonnablement attendre d’un tel projet ? A: Les gains varient selon le point de départ. Sur des serres déjà bien gérées, on observe typiquement 10–15 % de réduction d’eau et 8–12 % d’engrais par kg de produit. Sur des exploitations pilotées de façon plus empirique, les gains peuvent atteindre 20–30 % d’eau et 15–20 % d’engrais. Dans l’étude de cas présentée, la serre a réduit sa consommation d’eau de 28 % et ses intrants fertilisants de 18 %, tout en augmentant le rendement, ce qui améliore significativement la performance environnementale par tonne produite.

Q: Quel est l’impact sur la consommation énergétique globale de la serre ? A: L’impact direct sur l’énergie provient principalement de deux leviers : l’optimisation du chauffage via un meilleur pilotage des écrans et des consignes, et la réduction des heures de fonctionnement des pompes d’irrigation grâce à une fertigation plus ciblée. Dans l’étude de cas, la consommation énergétique liée au pompage et au chauffage a diminué d’environ 9 %. Dans certains contextes très énergivores, l’intégration de signaux tarifaires (heures pleines/creuses) et de prévisions météo peut générer des économies supplémentaires de 5–10 %.

Q: Comment évaluer le retour sur investissement avant de se lancer ? A: Il est recommandé de construire un business case sur 8–10 ans, en intégrant : le CAPEX du système (capteurs, fertigation, contrôle climatique, intégration), les coûts de maintenance annuels, les gains attendus en rendement et en qualité, les économies d’eau, d’engrais et d’énergie, ainsi que les gains de productivité de la main‑d’œuvre. On peut simuler plusieurs scénarios (conservateur, médian, ambitieux) en s’appuyant sur des références publiées et des retours d’autres exploitations. Un ROI de 3–5 ans est généralement atteignable pour des serres intensives de plus de 1 ha.

Q: Quelles normes ou bonnes pratiques suivre pour assurer la fiabilité et la sécurité du système ? A: Sur le plan électrique et de communication, il est pertinent de s’appuyer sur des standards industriels éprouvés (par exemple des automates conformes aux normes IEC et des réseaux Modbus ou Ethernet industriels). Il est également important de respecter les recommandations des organismes de recherche en agriculture protégée concernant le positionnement des capteurs et la fréquence de calibration. Enfin, des procédures de sauvegarde régulière des configurations et des données, ainsi qu’un plan de maintenance préventive des capteurs et actionneurs, sont indispensables pour garantir la continuité de service.

Q: Peut‑on intégrer ces systèmes avec d’autres outils numériques (ERP, traçabilité, énergie) ? A: Oui, la plupart des solutions modernes de fertigation et de contrôle climatique proposent des API ou des interfaces d’export de données (CSV, OPC UA, REST). Cela permet de connecter le système à des outils de traçabilité des intrants, des plateformes de suivi énergétique ou des ERP agricoles. Une telle intégration facilite la consolidation des indicateurs technico‑économiques (rendement, intrants, énergie) et la préparation de rapports pour les certifications, les financeurs ou les clients B2B exigeant une transparence accrue sur la performance environnementale.

Références

  1. IEA (2021): "Energy use in agriculture" – Analyse des consommations énergétiques et pistes d’efficacité dans les systèmes agricoles, y compris les serres chauffées.
  2. FAO (2013): "Good Agricultural Practices for greenhouse vegetable crops" – Recommandations techniques pour la gestion de l’irrigation, du climat et des intrants en cultures protégées.
  3. ASABE EP405.1 (2018): "Design and Installation of Microirrigation Systems" – Lignes directrices pour la conception et le dimensionnement des systèmes de micro‑irrigation et de fertigation.
  4. IEEE (2020): "IoT-Based Smart Agriculture: A Survey" – Synthèse des architectures et bonnes pratiques pour l’utilisation de capteurs et de systèmes connectés en agriculture.
  5. IEA (2020): "Energy Efficiency in Emerging Economies – Agriculture" – Étude sur le potentiel d’efficacité énergétique dans les exploitations agricoles, incluant les serres.
  6. FAO (2020): "The State of Food and Agriculture – Overcoming water challenges in agriculture" – Analyse des enjeux de l’eau et des solutions d’optimisation, dont l’irrigation de précision.

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SOLARTODO est un fournisseur mondial de solutions intégrées spécialisé dans les systèmes de production d'énergie solaire, les produits de stockage d'énergie, l'éclairage public intelligent et solaire, les systèmes de sécurité intelligents et IoT, les pylônes de transmission électrique, les tours de télécommunications et les solutions d'agriculture intelligente pour les clients B2B du monde entier.

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Published: January 30, 2026 | Available at: https://solartodo.com/fr/knowledge/case-study-yield-improvement-with-sensor-driven-fertigation-and-climate-control-in-greenhouses

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